France Hospitalité remplace le GNC, Serge Trigano président
Après sa séparation d’avec l’Umih, le syndicat des chaînes hôtelières change de nom et confie sa présidence au fondateur de Mama Shelter.
Le Groupement national des chaînes hôtelières (GNC) change de nom : il devient France Hospitalité, et Serge Trigano en prend la présidence. Cette fédération représente les hôteliers et les chaînes, pas les chambres d’hôtes. Son annonce montre néanmoins comment la profession de l’accueil s’organise pour peser dans le débat public.
En bref
- Cette fédération représente les hôteliers et les chaînes, pas les chambres d’hôtes.
- Le syndicat a décrit ce changement de nom comme le signe d’une stratégie et d’une ambition nouvelles.
- Sur l’accueil et le partage, un autre article du blog revient sur l’hospitalité en chambre d’hôtes .
Un nouveau nom, un nouveau président, une rupture récente
D’après l’AFP, reprise par Boursorama, le syndicat a dévoilé mardi, lors d’une conférence de presse, son nouveau nom et le choix de Serge Trigano comme président. Celui-ci succède à Alexandre Archier, qui avait assuré l’intérim. Antoine Angeard occupe la direction générale.
Ce virage fait suite à la séparation d’avec l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), effective depuis le 1er janvier. Dans le communiqué repris par Tendance Hôtellerie, les adhérents expliquent avoir choisi l’indépendance après plus de trente ans de rapprochement avec l’Umih. Ils présentent la structure comme la première fédération française entièrement consacrée aux hôteliers.
Le nouveau président résume l’ambition par une formule : la France détient un atout que le monde lui envie, « l’art de recevoir ». Selon le communiqué, le choix du nom est lui aussi un message. Le mot « France » rappelle que les membres représentent la destination dans tout le pays comme à l’étranger, et « Hospitalité » désigne à la fois leur activité, leur engagement et un état d’esprit. Le syndicat a décrit ce changement de nom comme le signe d’une stratégie et d’une ambition nouvelles.
Le poids du secteur en chiffres
La fédération compte vingt-cinq adhérents, parmi lesquels Accor, Ennismore, Barrière, Hilton, B&B Hotels et IHG Hotels & Resorts. Le communiqué situe l’hôtellerie au cœur de l’économie touristique, comme le résume le tableau suivant.
| Indicateur | Valeur annoncée |
|---|---|
| Part du tourisme dans le PIB | environ 8 % |
| Emplois du tourisme | 2 millions |
| Part de l’hôtellerie dans la valeur ajoutée touristique | 44,3 % |
| Apprentis employés | 45 500 |
| Nuitées annuelles françaises | 220,2 millions, dont la moitié dans les groupes hôteliers |
À l’oral, Serge Trigano a parlé d’une part de 8 à 10 % du PIB et d’un emploi sur dix dans le pays, une fourchette un peu plus large que celle du communiqué.
Les dossiers que la fédération met en avant
Pour justifier son autonomie, la fédération invoque des problématiques qu’elle estime propres à l’hôtellerie :
- l’attrait des métiers et la qualité de vie au travail ;
- des bâtiments et des pratiques plus durables ;
- le rôle d’intermédiaire des grandes plateformes numériques ;
- le classement hôtelier et l’accumulation des normes ;
- une fiscalité jugée défavorable à la concurrence, ainsi que la maîtrise des flux de visiteurs.
Elle prévoit aussi de proposer à ses adhérents de nouveaux services et outils pour développer leurs compétences et tester des solutions inédites.
Sur le terrain politique, le directeur général Antoine Angeard a indiqué que le syndicat resterait attentif à la proposition de loi sur la simplification du droit du tourisme, à la taxe de séjour et aux titres-restaurants, à quelques mois de l’élection présidentielle. Il veut « remettre l’hôtellerie à l’agenda » et se montrer force de proposition.
Serge Trigano déplore pour sa part un manque de considération. Selon lui, les métiers de l’hôtellerie passent encore aux yeux de beaucoup pour des métiers secondaires, y compris au sommet de l’État. Il souhaite que les décideurs mesurent le poids du tourisme avant d’adopter des lois, règles et normes qui compliquent le travail des professionnels.
Une méthode de dialogue et un tourisme quatre saisons
France Hospitalité annonce vouloir défendre ses membres sans se placer sur la défensive : elle privilégie la concertation avec les pouvoirs publics plutôt qu’une opposition stérile, et entend bâtir des solutions avec des acteurs de la société civile, y compris hors du monde hôtelier. En interne, elle promet un fonctionnement transparent et participatif.
Selon le communiqué, la gouvernance doit permettre à chaque adhérent de s’exprimer, qu’il dirige un groupe international ou une petite entreprise familiale, et quelle que soit sa gamme, de l’économique au luxe.
Parmi ses objectifs figurent des séjours accessibles à tous les budgets pour les Français, une meilleure attractivité auprès des voyageurs étrangers et un tourisme étalé sur quatre saisons : arrière-saison, voyages d’affaires, séminaires, événements, sport et culture.
Antoine Angeard décrit le rôle de la fédération comme celui d’une structure proche des entreprises, qui comprend leurs enjeux et anticipe les mutations du secteur. Les hôtes de chambres d’hôtes retrouveront dans ces thèmes des sujets familiers, comme la taxe de séjour ou la saisonnalité. Sur l’accueil et le partage, un autre article du blog revient sur l’hospitalité en chambre d’hôtes.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons, Reception_desk_in_a_parisian_hotel_(33206612983).jpg. Photographe : Luca Sartoni from Vienna, Austria. Licence : CC BY-SA 2.0.
