Un gîte pour compléter ses revenus, ce qu’il faut vérifier

Déclaration en mairie, seuil de 15 personnes, abattement fiscal et taux d’occupation de 30 à 47 % : les repères pour juger un gîte avant de se lancer.

Catherine Bouvier Par Catherine Bouvier
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Un gîte pour compléter ses revenus, ce qu’il faut vérifier
Une maison de campagne entourée d’un jardin arboré et fleuri, représentative d’un cadre rural propice aux hébergements touristiques.

En bref

  • Un gîte en simple revenu d’appoint se déclare à la mairie avec le Cerfa 14004.04.
  • Au-delà de 23 000 euros par an et en activité principale, il faut s’inscrire au registre du commerce.
  • Le taux d’occupation moyen est de 30 % pour les chambres d’hôtes, 47 % pour les gîtes Gîtes de France.

Pour un gîte qui ne sert qu’à compléter les revenus du foyer, la porte d’entrée administrative est la mairie de la commune où se situe le bien. D’après Capital, il faut y déposer une déclaration préalable d’ouverture, à l’aide du formulaire Cerfa 14004.04. Les démarches, dans ce cas, restent simples.

Démarches et seuils de sécurité

Le premier seuil à connaître concerne la capacité. Un meublé qui accueille plus de 15 personnes entre dans la catégorie des établissements recevant du public. Il doit alors respecter des normes plus strictes en matière de sécurité incendie, d’accessibilité et d’hygiène.

Capital conseille aussi une assurance saisonnière. Les équipements comme la piscine doivent être sécurisés. Quant au passage à l’activité principale, il change les obligations, comme le montre la partie suivante.

Fiscalité : ce qui change avec les revenus

Situation Ce que prévoit Capital
Revenu d’appoint Revenus imposés avec un abattement forfaitaire de 50 %, voire 71 % pour les meublés haut de gamme
Activité principale au-delà de 23 000 euros par an Inscription au registre du commerce des sociétés et au centre de formalités des entreprises, plus des cotisations sociales de 22 % en micro-entrepreneur

Taux d’occupation et revenus réalistes

Les chiffres disponibles datent d’époques et de périmètres différents, et ne se comparent pas directement. Ils fixent pourtant des ordres de grandeur.

43 %taux moyen d’occupation dans le Calvados, soit 18 semaines par an, selon Gîtes de France
47 %taux moyen des gîtes du réseau Gîtes de France en 2024, selon Boursorama
30 %taux moyen des chambres d’hôtes, soit 110 jours par an

Dans le Calvados, avec un panier moyen de 540 euros, le revenu annuel reste sous 10 000 euros avant charges, et moins de 20 % des propriétaires en vivent. Aurélie Patin, directrice des Gîtes de France pour le Calvados, résume : « On vit rarement d’une telle activité ».

La plateforme Creagite, citée par Capital, évalue à environ trois ans le délai pour qu’un gîte devienne rentable, avec une moyenne de seize semaines de location par an. Marie-Thérèse Teyssedou, propriétaire de La P’tite ferme dans le Quercy, tire de son gîte un revenu qui varie entre 3 600 et 7 600 euros selon les années : « nous pouvons entretenir les maisons ».

Calculer la rentabilité sans se tromper de prix

Boursorama retient trois critères : le taux d’occupation, le prix par nuitée et les charges. La rentabilité se calcule en rapportant les revenus nets annuels à l’investissement total, c’est-à-dire l’achat, les travaux et les frais d’acquisition. Baisser trop les tarifs pour remplir le calendrier peut conduire à louer à perte, même si l’occupation progresse.

Face aux 90 000 offres déjà disponibles en France, Capital cite les labels Gîtes de France, Accueil Paysan et Clévacances. Ils coûtent environ 130 euros de cotisation par an, plus 15 à 18 % de commission sur les ventes. Caroline Kyberd, rédactrice en chef d’Accueillir Magazine, recommande : « Pour bien préparer son projet, il faut établir un business plan et réaliser une étude de marché ».

Le gîte

Plus d’autonomie, et Boursorama le conseille pour un investissement locatif avec peu de temps d’accueil.

La maison d’hôtes

Elle mise sur le service et le contact et demande une grande disponibilité, ce qui convient à un projet à plein temps fondé sur le relationnel.

Photo : Ben Prater / Pexels